Teoula, voyage en famille autour de l'Atlantique

MarLodge, le paradis sur terre

29/11/2008 09:30

Arrivés en face de Marlodge, nous débarquons immédiatement, pour repérer les lieux et trouver l’église de Marlodge. Le village de Marlodge est en effet connu pour être un village à majorité catholique qui vit en harmonie avec les autres villages musulmans. La communauté du village est très active autour de son curé, du conseil paroissial, et la messe, chaque dimanche, très animée. Nous sommes samedi, et demain, nous souhaitons assister à la messe de Marlodge.

 

Le lendemain matin, tout endimanchés, nous nous rendons à l’église de Marlodge en petite calèche tirée par un très joli cheval. L’église se rempli a vue d’œil…beaucoup d’enfants, des rangées d’enfants tout propres et élégants, les filles aux jolies robes colorées d’un côté, les garçons en costume traditionnel de l’autre, surveillés par des mamas qui se font respecter au doigt et à l’œil. Puis des jeunes, la troupe locale de scouts, quelques touristes, les anciens, puis entre en procession précédés par un nuage d’encens, le curé et ses enfants de chœur.

J’ai perdu l’habitude de voir une assistance aussi jeune…Dieu que l’Europe est triste et vieillissante !!!

Après le mot d’accueil en français et en wolof, c’est l’ambiance africaine qui envahit l’église. Chants, musique, chœurs puissants et magnifiques, la chorale et toute l’assistance chantent accompagnées par une guitare et un tam-tam. C’est vivant, coloré, jeune, sympathique et entrainant. Mr le curé met son téléphone portable en jeu pour animer le sermon…surprenant, mais efficace. L’assistance participe, intervient, répond aux questions de Mr le curé. Qu’elles sont loin les assistances endormies de la vieille Europe !!!

 

La sortie de la messe est très animée, toujours très colorée. Très vite le conseil paroissial, exclusivement féminin, se regroupe et tient une réunion à l’ombre d’un grand arbre.

 

Autour de l’église, nous rencontrons Jean-Edouard, étudiant qui habite à MarLodge chez sa mère, en attendant la reprise des cours à Dakar. Jean-Edouard nous propose de nous guider dans le village.

Il commence à faire chaud, la température monte et atteindra surement 35°C aujourd’hui. Nous décidons de chercher un endroit avec une piscine - s’il existe – pour nous mettre à l’abri de la chaleur. Jean-Edouard nous propose de nous emmener au Koomiguy, autrement appelé « chez Chantal », un campement au bord du fleuve, avec bungalows, restaurant, et….piscine !!! Les enfants sautent de joie. Nous prenons une « calèche » (remorque à bras pour les travaux agricoles tirée par un petit cheval ou un âne), direction « chez Chantal ».

 

Nous arrivons dans un endroit charmant, où nous sommes accueillis par Chantal, maitresse des lieux, chef en cuisine, et propriétaire avec son mari de ce magnifique petit ensemble hôtelier. Voici maintenant six ans qu’ils se sont installés ici, partant de zéro, avec la farouche volonté de mettre sur un pied un hôtel dans cette partie reculée du SineSaloum. Le résultat est impressionnant. Les bungalows sont très spacieux, organisés en petit village autour du bâtiment principal qui abrite le restaurant, le bar, et la piscine en bordure du fleuve. C’est un endroit calme et charmant. La cuisine faite par Chantal est tout simplement exquise, et à elle seule mériterait le voyage. Nous croisons des Français habitant Sali qui viennent tous les dimanches se détendre et se régaler au Koomiguy, incapable de résister à la cuisine de Chantal. Certains sont aussi fanatiques de pêche, et le mari de Chantal organise des parties de pêche dans les eaux qui sont – parait-il - parmi les plus poissonneuses du globe….à chaque sortie, le tableau de pêche est impressionnant.

 

Le soleil commence à descendre. Nous reprenons notre calèche, vers notre maison flottante, avant que la nuit ne tombe.

 

En passant, nous nous arrêtons chez le boulanger. Nous visitons la boulangerie, disons plus exactement, la case et le four à pain qui permettent au boulanger de faire du pain. A peine la porte franchie, nous sommes projetés deux cents ans en arrière. Le sol est en terre battue, le pétrin est fait d’un bois d’un autre âge, et le four en terre cuite trône au milieu de la case…J’imagine en souriant intérieurement une visite de la répression des fraudes pour une inspection sanitaire !!! les normes alimentaires européennes sont loin…Il n’y a bien sûr pas d’eau courante, comme la majorité des habitations du village.

 

Nous cherchons du pain…il n’y en a plus…nous attendrons demain, et le pain s’avérera excellent…un pain rustique, à l’ancienne, et ce n’est pas du marketing !!! nous l’avons vérifié sur place, il est réellement fait à l’ancienne !!! 100 CFA, la baguette (0,15 euros) qui dit mieux !!!

 

Le lendemain s’annonce chargé : l’habituelle séance du Cned le matin, puis visite de l’île aux oiseaux en pirogue, et pour le soir, nous sommes invités chez la maman de Jean-Edouard pour goûter le couscous de poissons.

 

Une fois le Cned terminé, nous quittons Teoula pour rejoindre Jean-Edouard qui nous attend sur la berge avec une pirogue et le piroguier. Nous montons tous à bord – Colin est le plus heureux des enfants car la pirogue a un ENORME moteur. Nous quittons Marlodge, et nous nous enfonçons dans la mangrove. Puis nous rejoignons un ensemble de petits îles couvertes de palétuviers, et sur lesquels nichent des milliers d’oiseaux : aigrettes blanches ou noires, pélicans, hérons, et toutes sortes d’autres échassiers migrateurs qui passent ici l’hiver. C’est incroyable, très beau et très bruyant. Nous avons l’impression qu’ils se racontent leur journée avant de se coucher. A la nuit tombante nous rentrons à Marlodge. Nous sommes attendus chez la maman de Jean-Edouard.

 

Nous remontons une des rues du village guidés par les jeunes du village jusqu’à la maison de Jean-Edouard. Nous sommes accueillis par sa maman, qui nous installe sur la terrasse, sous l’unique lumière de la maison. Elle nous fait les présentations des enfants de la maison, puis nous amène le couscous de poissons. C’est un des plats le plus populaires du SineSaloum : couscous de mil, poissons grillés, sauce tomate légèrement épicée. Le tout est servi dans un grand plat, posé sur la table dans lequel nous mangeons directement tous ensemble. Les enfants sont tout d’abord surpris (il n’y a pas d’assiette individuelle), puis goûtent et finalement mangent de bon cœur.

Une fois le couscous terminé, nous nous installons devant la maison, au frais pour discuter sous le ciel étoilé. Les enfants s’assoupissent un à un sur nos genoux, et vers dix heures, nous rentrons chez nous.

 

Le lendemain, un autre programme nous attend : Cend et visite des villages alentours.

 

En début d’après-midi, Jean-Edouard, fidèle au poste, nous attend avec une « calèche » pour visiter les villages de Mar Soulou et Mar Fafako.

 

En sortant de Mar Lodge, nous nous arrêtons dans un collège flambant neuf, financé par une ONG hollandaises. Il y a deux bâtiments, l’un pour accueillir les quatre salles de classe, l’autre pour la direction du collège. Un troisième bâtiment est en cours de construction. Nous jetons un œil dans les classes. Les élèves sont studieux, calmes. Heureusement, car à 50 élèves par classe, l’ambiance studieuse pourrait vite dégénérer !!!

 

Mar Soulou, le plus petit des trois villages, est composé de 500 habitants, essentiellement des agriculteurs. Il est situé à l’intérieur des terres, entourés de champs de mil, d’arachide ou de riz. La campagne est quasiment cultivée partout, avec des groupes d’hommes, de femmes et d’enfants qui travaillent un peu partout dans les champs autour des tas d’arachides. Nous nous attendions à un paysage sec, et nous sommes surpris de découvrir un paysage assez vert, avec, au milieu des cultures, des nombreux arbres de plusieurs espèces, des gros baobabs, des eucalyptus, des caïlcedrats – l’acajou du Sénégal aussi appelé arbre sacré qui trône au centre des places de villages -, des manguiers, des fromagers. Notre promenade y est très agréable.

 

Nous nous arrêtons devant une école primaire et visitons une classe de CP. Nous avons droit à un bonjour chanté par les 15 enfants de la classe. C’était très attendrissant de voir avec quelle application ils chantaient tous. Colin est très intimidé, surtout que la maitresse le présente comme un CP de France et que quinze paires d’yeux se braquent sur lui.

 

Plus loin, nous atteignons Mar Fafako, situé au bord d’un bolong. Mar Fafako est plus important, avec 2000 habitants….mais des 2000 habitants nous ne voyons que des très jeunes enfants ou des personnes âgées, et de nombreuses maisons abandonnées. En discutant avec Jean-Edouard, nous apprenons que les jeunes, dès qu’ils le peuvent, quittent le village dans l’espoir de trouver une vie meilleure aux Canaries. Ils forment les tristes équipages, qui à 150 par pirogue tentent de rejoindre par la mer les Canaries au péril de leur vie. Le village est comme arrêté, à moins que ce ne soit déjà abandonné. C’est étonnant de voir comme ces deux villages Mar Soulou et Mar Fafako, si proches sont aussi différents : l’un très actif, entouré de champs, avec ses habitants travaillant tous ensemble dans les champs, et l’autre, au bord de la rivière, quasiment à l’abandon, sans aucune vie.

 

De retour vers notre bateau, nous nous arrêtons dans un campement pour boire un verre. Trois jeunes filles tournent autour des enfants qui dessinent. Juliette se lance dans le portrait d’une des filles. Succès immédiat. Elle croque ensuite les deux autres filles. Chacune à maintenant son portrait dessiné par Juliette. Elles sont ravies, Juliette aussi.

 

Le lendemain, dernier jour à Mar Lodge, nous aurons un programme plus calme : CNED puis repas chez Chantal avec Jacques, Claudine et Maria d’Intelria, et après-midi autour de la piscine. Pour notre dernier repas chez Chantal, nous lui avons passé commande de son fameux rôti de cochon de lait. Un vrai régal !!!

 

Dans deux jours, Intelria rentrera sur Dakar, et nous irons explorer le delta du Saloum et nous perdre dans les bolongs qui traversent la mangrove.

Photos : MarLodge, le paradis sur terre

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